Lézards

La marche se poursuit, c'est toujours le même chemin.
En amont les chênes tranquilles portent le ciel à bout de branches, leurs troncs aux profondes rides parlent de l'âge du temps et les ombres entrelacées de leurs ramures dessinent sur le sol l'éphémère persistance du présent.
Lent, las, le pas hésitant, la lumière l'émerveille, ce souffle tiède qui le surprend, le jeu des ombres dans les branches aux bordures d'or et d'argent, les troncs déchirés aux tabliers de mousse vert vivant.

La friche à repris une grande partie du versant, ces sous-bois veillent paisibles sur les ruines des anciennes terrasses vaincues, les murets délaissent lentement l'ordre et le maintien et se vautrent, abandonnant leurs pierres au hasard des pentes.

De petites choses ruminées par le temps et le flot des pluies soudaines, les petits transports des ruissellements de l'eau sur les bords du chemin amassent d'élégantes collections de feuilles froissées, de brindilles et de graines patientes. La terre se transforme en lentes révolutions.

Le jour s'enivre au creux de l'après-midi tandis que l'ombre changeante inquiète déjà les hautes herbes sages.
Il y a des arbres chargés du cordage des clématites, leurs graines duveteuses accrochent une lumière diaphane sur les lianes dénudées. Sur les talus ensoleillés, des lézards de lumière hésitent sur leurs doigts fins, en attente, puis un peu de crainte, un petit éclat qui bruit dans les feuilles et la poussière.

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